Comment vivre « healthy » m’a isolée

a35db1958d3e60c9199a98c66afafe4dOn voit toujours le beau côté, le formidable. Et je vois peu de personnes parler de ces mauvais côtés. Celui ci en fait, parce que c’est bien le seul que je vois.
Alors peut-être suis-je la seule à le vivre. Peut-être suis-je la seule à en parler.
Quand j’ai changé de mode de vie, c’était en couple. Et heureusement.
On fait du sport ensemble ou séparément, on mange la même chose, et on discute pendant des heures du pourcentage de protéines ou de comment organiser son entraînement entre musculation et cardio. Un autre monde, en fait, mais nous on s’y plaît bien. (Et merci à Thifaine, de m’avoir fait découvrir qu’il existe d’autres couples comme nous).

Mais avant tout ça, j’avais une vie sociale en dehors de mon couple.

J’avais des amies, avec qui on racontait plein de choses. Ces amies, je les ai toujours, encore que je commence sérieusement à me demander pour combien de temps.

  • D’abord, il y a eu l’alimentation.

Ceux qui pensent que tu es au régime et que l’apéro et la raclette sont des tabous. Ceux qui veulent bien faire mais te mettent mal à l’aise. Ceux qui ne comprennent pas. Ceux qui te mettent en garde, et ceux qui croient que tu te transforme pour ton conjoint, pour lui plaire, mais pas pour toi. Et ça, sur l’image de soi, c’est un poil vexant.

  • Ensuite, il y a eu l’organisation.

Parce que quand tu cuisine autrement, tu mets 1h à cuisiner, et 1 de plus pour la vaisselle. Oui je sais c’est faux, et ce n’est pas tout le temps le cas loin de là. Mais quand même, ça arrive. Surtout quand on aime bien faire de petites recettes sympa (oui bon, le problème est plus de ce côté là que du côté healthy finalement 😉

Donc le truc que tu aurais eu le temps de faire avant de faire à manger, passer 5 minutes chez bidule par exemple, tu oublies. Parce qu’en fait, tu rentres, tu fais ton sport, tu te douches, tu cuisines, tu manges, tu fais la vaisselle.

  • Le non avouage aussi

0e8e7ba9792a5c3457b529149a40be74Oui parce qu’avouer à ses copines qu’on fait un programme qui s’appelle bikini body guide (BBG), non merci. Surtout si elles pensent déjà que tu es au régime, que tu fais ça pour plaire à ton mec, et que tu t’enferme tellement que tu n’as pas le temps de les voir. Et juste avouer de faire de la musculation, j’en sais rien, j’ai eu beaucoup de mal à en parler. Maintenant je m’en moque, même devant mes collègues.

  • Et puis la priorisation

Quand on suit un programme comme le BBG, on doit s’imposer une discipline. Ca doit être notre priorité. Tout s’organise autour de ça. On a certes un jour de repos, mais un seul (vu le nombre de choses à faire) et si on l’a pris car tel jour on a eu un train coincé à la sncf ou un imprévu au boulot, on ne le prendra pas tel autre jour pour manger avec les copines. Sauf si on arrive à quitter plus tôt et à faire son sport quand même. Bref, l’organisation est fonction de ça.

Et puis les invitations. Tu as casé un cheat meal au repas de famille, mais si tu as 3 invitations dans la semaine, à un moment donné, tu refuses. Tu refuses juste parce que tu ne veux pas que les gens se cassent la tête pour toi, et en même temps, à force, tu ne supporte plus trop de manger autant de cochonnerie en une seule fois. Parce qu’une fois ce sera avec grand plaisir, deux pourquoi pas, mais à un moment donné, ce n’est juste pas possible.

  • Et puis juste, pour parler de quoi

Alors entre tout ça, un truc se creuse. Tu les revois, mais tu n’a rien à raconter. En fait, des choses à raconter tu en aurais plein. De la dernière enquête selon laquelle le jeune intermittent fonctionnerait bien, de pourquoi tu n’es pas d’accord avec ça, de pourquoi c’est pas une si mauvaise idée. Je pourrai parler aussi du fait que finalement aller courir le matin c’est pas si mal, qu’après le repas mes pulsations montent vite, que c’est normal parce que c’est pas du tout le bon moment, et que le à jeun n’est pas vraiment à jeun car on boit quelque chose de sucré et on gobe une energy ball. De ce que je mets dedans. De ce que je mange après le sport, parce qu’il faut protéines et minéraux. Et ciel !!!! Ne parlons pas de la whey (de la quoi ? ), ou je pense que là, j’entre directement dans la case des âmes perdues, de celle pour qui on s’inquiète.

  • Alors le décalage

aa879b9b5173227b894281644d5fa102« Il faut bien se faire plaisir ». Tu m’étonnes. Et justement, entre les flans que j’ai congelé d’avance, la glace au chocolat, le beurre de cacahuete maison, le pain de banane et le curry de poix chiche aux épinards, ça va, merci. Et je mange encore  des gratins oui. Des pancakes, aussi. Simplement je sais quand manger tout ça, et comment le cuisiner.

Mais j’ai pas envie d’expliquer tout le temps. Et d’ailleurs on me demande pas forcément.

Alors bizarrement, j’ai commencé à me sentir seule, très seule, et à m’isoler d’autant plus.

Et bizarrement, une semaine en séjour d’escalade et je revis, je me sens totalement moi-même.

Alors j’ai compris. Que j’ai changé, profondément changé en fait.

Je discute de zones de fréquences cardiaques, de programmes d’entraînement et on blague même sur les glucides. Un autre monde. On blague aussi sur plein de choses pas du tout sportives. Et bordel, ça fait du bien.

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3 réflexions sur “Comment vivre « healthy » m’a isolée

  1. Ton article est très intéressant ! C’est vrai que l’on met toujours en avant les points positifs du mode de vie healthy sans vraiment aborder les contraintes.
    Pour ma part, ce mode de vie ne m’a pas isolée du tout. Cela me demande juste un peu plus d’organisation au quotidien. Je cuisine en grosse quantité deux fois/semaine pour mes différents repas de la semaine. En ce qui concerne mes séance de sport, elles durent en général 30 min et j’arrive facilement à les caser dans ma journée.
    Je continue de faire des sorties avec mes amis ou ma famille, 1 ou 2 écarts par semaine c’est tout à fait gérable si on mange sainement le reste du temps.

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  2. J’aime beaucoup ton article. Ce n’est pas toujours facile de gérer cette différence et ce fossé qui se creuse petit à petit… Mais, heureusement, il y a énormément de bonnes choses !

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  3. @Lucie En effet un ou deux écarts c’est largement gérable. Mais j’aime bien aussi pouvoir les choisir et pas uniquement les subir. Ceci dit parfois on peut aussi facilement limiter la casse, car tout les repas ne sont pas non plus semblables à ceux des fêtes et heureusement 😉
    @Thifaine Oui c’est vrai, il y a énormément de bonnes choses ! Et puis ça donne envie à certains de plus s’intéresser à leur santé aussi.

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